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Mon Robert Hossein

Mon Robert Hossein

Bon nombre d’entre nous ont « leur » Robert Hossein.
Parce que bien au-delà de l’acteur exceptionnel et prololifique qu’il fut,
il y eut aussi le metteur en scène, le directeur de théâtre, le chef de troupes qui, dans ses créations, fit travailler avec lui bien plus d’artistes que beaucoup d’autres productions réunies.

Il adorait les artistes, aimait les engager, et se préoccupait personnellement de nos situations professionnelles avec sincérité.

Le mien de Robert donc, fut une rencontre déterminante et improbable.
A peine sortie de la classe libre du Cours Florent, récurrente dans le rôle de Miss Lulu dans les Navarro,
série qu’il adorait,
il me choisit, moi, à l’issue de longues auditions, inconnue parmis les inconnues, et justement pour cela,
pour interpréter le rôle féminin dans l’adaptation du « Le facteur sonne toujours deux fois ».
Si la pièce, qui devait au départ se monter avec Lio,
ne vit jamais le jour pour de sombres raisons de productions,
j’ai eu l’immense chance de la répéter pendant trois semaines mémorables, avec comme partenaires de jeu Eddy Mitchell dans le rôle du mari, et Tcheky Kario dans le rôle de l’amant, et sous la direction de Monsieur Robert Hossein.
Ses conseils, sa délicatesse, son talent, la justesse du regard bienveillant qu’il portait sur vous, son charme, son autorité, sa franchise, son charisme,
sa voix qui vous aurait fait décrocher la lune chaque soir à 21h33 précises,
le plaisir qu’avait l’acteur qu’il était de diriger ses pairs étaient extraordinaires.
Je vous laisse imaginer l’aventure magnifique que cela représenta pour moi, quasi débutante,
à la hauteur de la déception quand elle tourna tristement court.
Conscient, touché et sincèrement préoccupé par mon désarroi,
il n’eut de cesse après cela, par une présence amicale et paternelle, de suivre mes pérégrinations dans notre métier, et, si nous n’avons finalement jamais travaillé ensemble, ce qui reste à ce jour mon plus grand regret, avec celui de ne pas l’avoir photographié,
il donna souvent mon nom et fût a l’origine de très belles rencontres professionnelles et de jolis contrats.
Le temps d’un café par ici, de 3 petits fours par là, d’un sandwich au thon mangé sur le pouce dans son bureau,
d’une visite dans nos loges respectives, nous échangions.
Sur notre métier, le monde, la vie, l’art, la foi, notre judaisme.
Amis d’Amanda, lorsqu’il vinrent avec sa femme Candice nous applaudir dans « Panique au Ministère »,
mon stress de les savoir dans la salle était au maximum.
M’étant mise une pression énorme, j’attendais son verdict avec l’angoisse d’une condamnée à mort.
Et Dieu merci je ne fus pas décapitée.
« Mission parfaitement accomplie m’a t’il dit, mais cesse de gigoter inutilement aux saluts, ça fait brouillon! »
Candice quand à elle m’offrit un flacon de Fleurs de Bach pour me détendre!
Il était content, satisfait, heureux de notre succès, et nous passâmes une de ces soirées magiques que nous réserve notre métier, une fois le rideau tombé.
Voilà.
Mon Robert Hossein, mon Abraham Hosseinoff à moi, c’était lui.
Et n’y aura plus jamais un salut sans que je ne pense à ne pas gigoter inutilement.

 

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